Le Sanctuaire de Lourdes ne permettra désormais plus à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) d’y célébrer publiquement la messe, d’y administrer les sacrements ou d’y organiser des prières publiques. Une décision prise par Mgr Jean-Marc Micas, évêque de Tarbes et Lourdes, dans un contexte de fortes tensions entre la Fraternité et Rome.
Une autorisation désormais retirée
Dans une note datée du 13 août 2026, Mgr Jean-Marc Micas annonce le retrait de l’autorisation dont bénéficiait jusqu’alors la Fraternité Saint-Pie X pour organiser des célébrations publiques au sein du Sanctuaire de Lourdes.
L’évêque rattache cette décision au décret de schisme et d’excommunication publié par le Saint-Siège après les consécrations épiscopales réalisées à Écône le 1er juillet 2026. Selon Mgr Micas, cette situation ne permet plus d’autoriser les activités liturgiques publiques de la Fraternité dans l’enceinte du sanctuaire marial
Les fidèles ne sont pas interdits d’accès à Lourdes
Cette distinction est importante. La décision ne signifie pas que les prêtres ou les fidèles fréquentant la FSSPX ne peuvent plus entrer dans le Sanctuaire de Lourdes.
Mgr Micas précise que toute personne demeure libre de se rendre à la Grotte de Massabielle et dans les différents lieux du Sanctuaire afin d’y prier à titre privé.
Il s’agit donc d’une restriction portant sur l’exercice public et organisé du culte par la Fraternité, et non d’une interdiction individuelle d’accéder au lieu de pèlerinage
Une décision dans un contexte de rupture avec Rome
La mesure intervient dans une période particulièrement délicate pour les relations entre la FSSPX et l’Église catholique.
Fondée par Mgr Marcel Lefebvre en 1970, la Fraternité Saint-Pie X entretient depuis plusieurs décennies des rapports complexes avec Rome, notamment autour de la réception du concile Vatican II, de la liturgie et de la question de l’autorité dans l’Église.
La situation s’est de nouveau fortement tendue durant l’été 2026. Les consécrations épiscopales réalisées à Écône le 1er juillet ont été suivies, le lendemain, par un décret du Dicastère pour la Doctrine de la foi constatant des excommunications. C’est notamment sur cette nouvelle situation canonique que Mgr Micas fonde sa décision concernant Lourdes.
La FSSPX exprime sa « peine » et son « incompréhension »
La Fraternité Saint-Pie X a depuis réagi à la décision.
Dans un communiqué publié quelques jours plus tard, son district de France indique reconnaître l’autorité de l’évêque du lieu mais exprime sa « peine » et son « incompréhension » face aux restrictions imposées à Lourdes.
La FSSPX a également confirmé qu’elle n’annulerait pas son traditionnel pèlerinage du Christ-Roi, prévu du 23 au 26 octobre 2026. Elle affirme vouloir adapter son organisation afin de respecter l’interdiction des célébrations publiques à l’intérieur du Sanctuaire. Ce pèlerinage rassemble habituellement plusieurs milliers de personnes.
Lourdes au cœur d’une situation ecclésiale sensible
Au-delà de la question pratique des célébrations, cette décision illustre la profondeur des tensions qui persistent autour de la situation canonique de la Fraternité Saint-Pie X.
Dans sa note, Mgr Micas reconnaît lui-même que sa décision pourra provoquer douleur et incompréhension. Il replace toutefois celle-ci dans une réflexion plus large sur les divisions au sein de l’Église et leurs conséquences sur son témoignage.
Les prochains mois seront donc particulièrement observés, notamment à l’approche du pèlerinage d’octobre de la FSSPX à Lourdes.
Pour le Sanctuaire comme pour la Fraternité, l’enjeu sera désormais de déterminer comment cette nouvelle situation se traduira concrètement lorsque plusieurs milliers de pèlerins se retrouveront dans la cité mariale.